GRANDS CRUS CLASSÉS EN 1855
Le Médoc possède les 60 vins les plus prestigieux au monde, véritables élixirs d’exception.

 





 
Précieuse référence tarifaire…
Si 1855 marque la naissance de la célèbre classification des Grands Crus Classés, les prémices d’un classement de cru existaient bien avant cette date charnière. Avant la révolution de 1789, les courtiers bordelais utilisaient une sorte de catalogue professionnel dans lequel les vins étaient répertoriés selon leur prix. Une manière d’établir une première hiérarchie de qualité et de fixer, dans le cadre de leur négoce, une référence tarifaire sur laquelle ils indexaient les autres crus. Labadie, courtier de l’époque, a été un des témoins et acteurs des balbutiements de cette classification. En 1776, Dupré de Saint-Maur, alors intendant de Guyenne, lui demande d’élaborer un classement qui permette de connaître avec exactitude « la valeur des produits du sol » médocain et plus particulièrement du produit « vin ». Ce travail aux fins purement fiscales devait en réalité permettre à l’intendant de déterminer avec précision le montant de l’impôt qu’il allait réclamer aux vignerons.

ou objet d’une classification déjà mythique...
80 ans plus tard, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1855, la première classification des Crus Classés est consacrée. L’empereur Napoléon III souhaitait à l’époque créer une hiérarchie des grands vins français et demanda à ce qu’on lui présentât, lors de l’Exposition universelle, les vins les plus exceptionnels. La Chambre de commerce de Bordeaux s’empressa de confier au Syndicat des courtiers de commerce le soin d’établir ce fameux classement des grands vins de Gironde. Classement que le syndicat basa tout naturellement sur « l’expérience de longues années », sur la permanence de qualité et sur la régularité des prix pratiqués, informations scrupuleusement puisées dans les précieuses archives des bureaux de courtage.
D’un point de vue économique, les Grands Crus Classés occupent près de 3 400 hectares représentant 21 % de la production vinicole des AOC médocaines. Leur poids notable dans les exportations prouve que les Grands Crus Classés restent les symboles d’un certain « Art de vivre » à la française, largement apprécié dans le monde entier.

Publié le 18 avril 1855, le classement fit la part belle au Médoc puisqu’il ne retint que des crus médocains pour les vins rouges plus un cru de la région des Graves.
Le classement de 1855 répertorie des chefs-d’œuvre vinicoles dont la renommée et la qualité traversent les années, résistant aux effets de mode et à la succession des hommes. Ainsi, cette classification demeure, depuis 150 ans, l’unique référence historique et officielle des meilleurs vins du monde.

Le Grand Cru Classé médocain fascine telle une œuvre d’art
Le Grand Cru Classé médocain fascine telle une œuvre d’art
Le classement compte 60 crus, 60 noms couronnés de succès représentant la quintessence des vins médocains répartis selon 5 catégories : 3 Premiers Crus, puis 4 avec l’entrée de Mouton-Rothschild en 1973 passant du rang de deuxième à premier, 14 Deuxièmes Crus, 14 Troisièmes Crus, 10 Quatrièmes Crus et 18 Cinquièmes Crus.
Chaque propriétaire de ces grands vins se soumet à une exigence de qualité irréprochable. Un principe solidement ancré dans les mentalités d’autant que certaines familles possèdent leur château depuis de nombreuses générations et ont su préserver cet héritage spirituel.
Notons cependant que le souci de qualité et la réputation de l’étiquette ne sont pas la marque de fabrique exclusive des familles héritières et que les grands groupes internationaux, propriétaires de châteaux prestigieux, n’ont pas failli à la règle. Quoi qu’il en soit, le vin élevé et mis en bouteilles exclusivement à la propriété demeure, à travers le monde, le plus digne ambassadeur des valeurs de son créateur.
 
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