CONSEILS DE DEGUSTATION
Pour bien apprécier un vin médocain, il faut savoir le déguster. A priori, l’on pourrait croire que cela est assez simple et qu’en prenant le temps nécessaire, nous pourrions tous déguster n’importe quel vin. Cependant, c’est oublier que la dégustation est avant tout un art. Un art qui s’enseigne et qui se base sur quelques principes lesquels, bien appris, permettent de procurer à nos sens un maximum de plaisir. Donc, si ce n’est une affaire de temps même s’il demeure important, apprécier un bon Médoc est surtout une affaire de méthode.



Observez
Dans un premier temps, il faut “ savourer ” les couleurs et les reflets du vin, la robe.
Prenez le temps d’apprécier la limpidité, puis la couleur, l’intensité de la teinte ainsi que les nuances et l’éclat qui s’offrent à vos yeux. Les robes des vins du Médoc offrent toute une palette de nuances de rouge aux nombreux reflets violets à bruns foncés dans leurs années de maturité. Allant des couleurs rubis à tuilé, ces nuances peuvent procurer des indices précieux sur l’age, l’évolution et la qualité du vin.

En Pratique :
> Vous devrez d’abord observer la teinte, les reflets du disque, un bon indicateur de l’age du vin (du rouge violacé aux couleurs tuilées voire orangées pour des vins plus vieux)
> Vous observerez ensuite l’intensité de la couleur. Allant des nuances les plus sombres aux plus claires, elle est un bon indicateur de la puissance et de la concentration d’un vin du Médoc.
> Enfin, il conviendra de contempler la transparence du vin que l’on appelle la limpidité.



Sentez et ressentez :
La seconde étape de la dégustation est primordiale. Elle est aussi une première source de plaisir lors de la dégustation par la découverte des aromes du vin.


Une première approche pour les non spécialistes va consister à trouver les grandes FAMILLES AROMATIQUES contenues dans un vin. Les plus aguerris sauront mettre des mots sur ces sensations aromatiques !
> Le FRUIT comme la framboise, le cassis, la cerise, la griotte, la groseille, le  pruneau
> La FLEUR avec par exemple la violette, la rose, la pivoine, les fleurs séchées
> Le côté ANIMAL tel que le cuir, la viande séchée, le gibier, le caractère fauve,  le musc
> Une touche EPICEE comme la cannelle, le poivre, le clou de girofle, la muscade
> L’empreinte EMPYREUMATIQUE avec des aromes de grillé voire brûlé, tabac, feu de bois, le café et les autres aromes issus de la torréfaction
> Le BOIS, tel que le bois de chêne, bois vert, le bois sec ou humide, le liège,
> Le caractère MINERAL tel que la poudre, le silex
> L’aspect VEGETAL comme l’herbe coupé, la fougère, la mousse, le sous-bois, la terre humide, le champignon


En Pratique :
> Commencez par sentir sans agiter le verre. Cette étape permet de déterminer déjà l’intensité du nez, à savoir si le vin va venir naturellement à vous ou s’il a falloir aller chercher ses aromes.
> Agitez ensuite votre verre. Vous pourrez ainsi saisir des nuances plus nettes et capter avec plus de précision les aromes que propose le vin.
> Essayez de placer vos sensations dans les grandes familles aromatiques citées plus haut, mais également d’aller plus loin en donnant des exemples au sein de ces familles.
> Vous pourrez ainsi exprimer la finesse et la complexité d’un vin. Un vin complexe exprimera un grand nombre d’arômes qu’il piochera dans plusieurs familles aromatiques, à l’opposé d’un petit vin qui fera preuve de plus de simplicité et proposera un plaisir différent.




Savourez :
L’examen gustatif d’un vin doit permettre d’apprécier l’équilibre d’un vin, sa saveur, son accord avec les impressions laissées à l’oeil et au nez.

C’est une phase tactile qui permet par ailleurs d’apprécier la texture du vin et l’agrément qu’il procure à un sens jusque là laissé de côté : le toucher. Un vin peut s’avérer soyeux, onctueux, asséchant, neutre, etc..
Les saveurs fondamentales que l’on peut retrouver dans un vin sont le sucré, le salé, l’acide et l’amer.
Les sensations qui accompagnent la perception gustative permettent d’apprécier la rondeur d’un vin lorsque celui-ci présente un équilibre entre tanins et acidité. On parle de tannins veloutés, soyeux ou à l’opposé serrés, massifs, donnant une sensation d’astringence, de « bouche sèche ».

En Pratique :
> La première étape, très courte, est la mise en bouche. Elle permet de détecter les saveurs telles que le salé, le sucré, l’acidité. Certaines sensations chimiques sont alors perceptibles également telles que l’astringence, le piquant, le brûlant. Elle permet dé saisir l’équilibre général du vin.
> Vient ensuite rapidement la phase d’aération qui consiste à libérer des composés volatils du vin. Aspirez un filet d’air et l’expirer par le nez. C’est le phénomène de « rétro-olfaction ». L’air aspiré développe les aromes du vin. L’air ensuite expiré permet de les séparer afin de mieux les identifier.
> Il convient ensuite d’apprécier le vin et d’analyser les sensations restantes qui donnent là encore de précieuses indications : une saveur et une sensation agréable ou bien de l'amertume ou de l’astringence ; la longueur en bouche et la qualité des sensations restantes ; la persévérance de l’intensité aromatique ; la note finale à savoir l’impression que donne la fin de bouche.


En bouche, le vin du Médoc laisse apprécier son corps, la richesse de ses tanins, l’harmonie de ses arômes, l’équilibre de sa charpente. Après la première gorgée, les saveurs "s'accrochent" aux papilles un long moment. C'est ce qu'on appelle la persistance aromatique.


Déceler les secrets de l’assemblage du vin dégusté :
Le Cabernet-Sauvignon apporte de la couleur et des tannins. Il permet de développer des vins de longue garde, aux arômes de fruits rouges (cassis), de poivre vert, de chocolat noir et tabac.

Le Merlot donne un caractère corsés et apporte des vins souples, d'évolution rapide. Il propose de la rondeurs en bouche comparativement au Cabernet-Sauvignon. Le Merlot accentue les arômes de fruits rouges (cerise), de prune, d'épices.

Le Cabernet Franc apporte de la souplesse, des arômes de fraise, framboise ou cassis mêlés à des notes végétales.


SERVICE
Le vin du Médoc ne doit pas être servi trop chaud. Il s’appréciera entre 16° et 18° maximum.

Le décantage ou décantation en carafe est certaines fois une étape importante :

> Pour les Médoc à boire jeunes (entre 3 et 5 ans), 1 à 2 heures de décantation voire un peu plus aideront le vin à mieux exprimer et développer tous ses arômes.
> Pour un Médoc de garde qui atteindrait sa pleine complexité au bout de 10 ans, l’on peut choisir de le décanter juste avant le service (environ 30 mm) de façon à « l’aérer ». Attention à ne pas trop le brasser pendant cette décantation, à ne pas le tirer trop vivement de son doux sommeil, de ses nombreuses années de repos bienfaisant.



ACCOMPAGNEMENT
Les vins du Médoc accompagnent merveilleusement de nombreux mets et dévoilent toute leur puissance sur des plats de viandes blanches et rouges, sur des gibiers, sur des poissons en sauce au vin rouge et sur les fromages à pâte dure.   

La dégustation prend tout son intérêt lors d’un repas, lorsque l’accord des mets et des vins permet leur valorisation mutuelle. Il n’y a pas de règle absolue pour cet accord, mais il existe quelques principes de base. C’est l’étoffe des saveurs qui doit présider à l’ordonnance des vins : du plus léger au plus corsé, du vin de petite année au grand millésime.

L’essentiel de la dégustation est bien le plaisir qui est ressenti par le dégustateur. A chaque niveau correspond un plaisir différent. Savoir apprécier, savoir préférer un vin ou un caractère à un autre, voila l’objectif de cet exercice parfois élevé au rang d’art.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.