Climat et sol

L’extraordinaire diversité de la palette des crus médocains provient tout simplement, serait-on tenté de dire, de l'heureuse diversité des terroirs, d'un climat privilégié et d'un choix judicieux de cépages.

Climat et microclimat

Le 45ème parallèle traverse le Médoc, situé entre l’Océan Atlantique et l’estuaire de la Gironde, dans le sud-ouest de la France. Ceci explique son climat relativement chaud et humide, baigné de lumière, de soleil et de circulations d’air. Celles-ci protègent les vignes des gelées tardives du printemps et des maladies cryptogamiques dont le développement pourrait être favorisé lors d’étés pluvieux. La situation de la presqu’île, entre deux masses d’eau importantes, qui jouent un rôle de régulation thermique, crée un microclimat très propice.

Les variations climatiques annuelles conditionnent le style des millésimes.

Les raisins mûrissent d’autant mieux que les mois d’août et septembre sont moins humides et plus ensoleillés. Les très grands millésimes sont toujours issus d’étés chauds et secs. Et si les pluies et froidures pendant la période de floraison retardent la fécondation, elles ne font que diminuer quantitativement la récolte, sans pour autant en amoindrir la qualité.

La diversité des terroirs

A ce climat unique s’ajoute un terroir non moins exceptionnel. D’ailleurs, il vaudrait mieux parler des terroirs… car le Médoc est une combinaison de deux types de sols. Les graves pyrénéennes, roulées par les rivières à la fin du tertiaire auxquelles se mêlent des sables et des alluvions, et les graves garonnaises du quaternaire, entraînées par l’estuaire le long de sa rive gauche. On trouve plutôt ce type de sols dans la région du Haut-Médoc.

Ce terroir donne des vins charpentés, riches et tanniques.

L’autre terroir, repéré à Moulis, Listrac et Saint-Estèphe par exemple, est argilo-calcaire et constitué d’un mélange de pierres et de terres fortes qui apporte à la vigne une réponse au stress hydrique, en redistribuant l’été l’humidité stockée à la saison des pluies.

Un modelé de croupes

Pour les spécialistes, “l’événement” à l’échelle géologique, c’est la destruction des terrasses par l’érosion, quand des affluents de la Garonne ont creusé les vallées, les “jalles”. Cette destruction explique cette succession de croupes de graves, dont la topographie en creux et bosses joue un rôle irremplaçable dans l’écoulement de l’eau.

Le trait marquant du paysage médocain est son dénivelé faible, avec un point culminant à 43 mètres, à Listrac-Médoc. Pour autant, son modelé est complexe, fait d’une succession de croupes graveleuses dominant les terres basses de l’estuaire et celles des petites jalles affluentes.

Ces croupes constituent le terrain de prédilection du vignoble.