Histoire
Les premiers vignobles de Bordeaux :
- En l’an 40 avant Jésus Christ, on consomme des vins venus d’Italie et d’Espagne. L’apparition de la vigne dans notre région remonte au premier siècle de notre ère lorsque les Bituriges Vivisques, une peuplade de guerriers celtiques habitants de Burdigala, la future Bordeaux, décident de planter leur propre vignoble avec un nouveau cépage plus résistant au froid, le Biturica, ancêtre des cépages Cabernets.
Bordeaux se met alors à exporter ses vins (en l’an 100 après Jésus Christ) issus d’un vignoble urbain dans et autour de la ville.
L’essor du vignoble sous l’influence des Anglais:
- En 1152, Aliénor, Duchesse d’Aquitaine, épouse Henri Plantagenet, futur roi d’Angleterre. Dès lors, naissent des échanges commerciaux très importants : les Anglais exportent des aliments, textiles et métaux, et importent des vins de Bordeaux. Ils le nomment Claret en raison de sa couleur claire. L’importance de la flotte anglaise et la facilité d’accès au port de Bordeaux par l’estuaire de la Gironde, favorisent les expéditions de vins par voie maritime et permettent l’essor du vignoble et du port de Bordeaux. En trois siècles d’histoire anglaise, Bordeaux établit ainsi un monopole sur la production, la vente, l’expédition et la distribution des vins vers la Grande-Bretagne.
- Dans le Médoc, des îlots viticoles apparaissent de Blanquefort à Margaux aux XIVème, et XVème siècles, et même jusqu’à Pauillac autour du Château Latour.
Les premières vraies propriétés naissent au XVIème siècle (avec les notables du Parlement et les négociants), et investissent les plus belles croupes de graves au début du XVIIème siècle.
Evolutions techniques, sélection et vieillissement :
- Au XVIIème siècle, après les anglais, d’autres nations prennent la relève, notamment les hollandais qui, en plus d’acheter beaucoup de vin, affinent les techniques vitivinicoles pendant près d’un siècle : assèchement des marais, techniques de conservation pour le transport à base de souffre en barriques, ouillage et sous–tirage, etc.
- Au milieu du XVIIIème siècle, le travail de vinification se précise : la sélection est plus sévère et la production de « premiers vins » et de « seconds vins » apparaît. Les premiers négociants affinent le travail de vieillissement dans leurs chais situés dans le célèbre quartier des Chartrons à Bordeaux.
La Prospérité :
- La noblesse Bordelaise investit massivement le Médoc viticole : les familles Ségur, Pontac, Brane… en 1760, la quasi-totalité du vignoble médocain est constituée.
- La notoriété du Médoc commence alors à rayonner. Le XVIIIème siècle fut l’âge d’or de Bordeaux et de ses marchands. Le port de la Lune, qui était alors l’un des premiers ports marchands du monde, a amplifié l’expansion du commerce des vins issus des vignes de Bordeaux, dont les sols étaient pourtant réputés maigres.
- Fin XVIIIème , l’Angleterre ne représentent plus que 10% des exportations, mais elle met à la mode les vins fins recherchés par la « High Society » de Londres. Les notions de Grand Cru et de Château telles qu’elles existent aujourd’hui se mettent en place à cette époque. En témoignent le classement de 1855 et une vraie politique d’investissement sur le long terme (amélioration du vignoble, reconstitution des parcelles, techniques de production, conception des chais…).
Coup d’arrêt :
- La fin du XIXème siècle marque un coup d’arrêt dans le vignoble Bordelais : La multiplication des échanges commerciaux avec les Etats-Unis – au demeurant positive – provoque l’importation de maladies qui ravagent les vignes de la région :
- l’oïdium est enrayé par l’invention de traitements à base de soufre (1857).
- le phylloxéra qui ruine tout le vignoble, de 1875 à 1892, sera vaincu par le greffage des cépages bordelais sur des pieds américains résistants à la maladie.
- le mildiou est traité avec la « bouillie bordelaise », préparation à base de cuivre inventée et expérimentée dans le Médoc pour résister à cette nouvelle maladie. Elle est encore utilisée aujourd’hui dans le monde entier.
- Alors que l’on comptait presque 25 000 Ha de vignes dans le Médoc à la fin du XIXème, ces maladies suivies des deux guerres mondiales, des crises économiques et du gel de 1956 font tomber cette superficie à 6 000 Ha environ à la fin des années 1950.
La Renaissance :
- Durant la seconde moitié du XXème siècle : Place à une nouvelle restructuration, avec une vague de modernisations et d’innovations, qui montrent la passion et la confiance des viticulteurs médocains pour leurs appellations.
- En 40 ans le vignoble s’est reconstruit en multipliant ses surfaces par deux et demi pour atteindre environ 15 000 Ha.
- 1983 : Après une longue période de morosité, Parker, jeune critique américain encense le millésime 1982. Les prix flambent, une décennie de prospérité s’ouvre, voyant revenir des acheteurs américains.
Les années 80, 90 et 2000 voient fleurir à Bordeaux et dans le Médoc en particulier des millésimes de légende, attisant les convoitises de marchés toujours plus lointains et d’investisseurs prestigieux. Les vins du Médoc ont acquis une notoriété glorieuse et avant gardiste dans la viticulture mondiale.